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Renseignement : réforme des services français

C’est justement parce qu’il n’existe par une seule mais bien deux politiques publiques d’intelligence économique (une pour les entreprises, une autre d’Etat) qu’il convient d’évoquer la réforme des renseignements souhaitée par le Président de la République depuis 2007.

Dans un essai intitulé « Réformer les services de renseignement français » publié par la Fondation Jean-Jaurès, Jean-Jacques Urvoas et Floran Vadillo tentent de dresser le bilan critique de cette politique et de proposer une nouvelle architecture du renseignement autour de trois axes : la coordination, le contrôle et l’organisation des services.

Toutefois, si l’intelligence économique se pratique dans un cadre légal, la politique publique d’IE d’Etat doit, pour accompagner les acteurs privés, tenir compte des méthodes déployées par d’autres états, notamment en matière d’affrontements informationnels sur des marchés définis comme stratégiques pour le développement de la France. Si l’interception d’informations semble bien intégrée au dispositif des services de renseignement, la guerre de l’information, elle, ne semble pas avoir été intégrée; pas de façon suffisante à la lecture du rapport. Une différence de taille sur un plan stratégique entre le fait de neutraliser une action (posture défensive) et celle de mener une campagne informationnelle au service de ses intérêts (posture offensive). Par ailleurs, le renseignement économique ne serait pas une priorité de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Or, pour redéployer les activités économiques du pays, il est impératif que l’Etat soit en mesure d’offrir aux entreprises la possibilité de se placer à la meilleure position possible pour conquérir des parts de marché, en particulier dans les appels d’offre.

La frontière entre les deux politiques publiques d’Intelligence Economique est ténue, mais pour que celle proposée aux entreprises soit efficace, il serait souhaitable qu’elle s’intègre dans une approche systémique de la position de la France dans la compétition internationale.

La « web social » attitude ? Un engagement

Pour les entreprises, notamment celles qui pratiquent le B2C, les réseaux sociaux (Twitter, Facebook – pour ne citer que les plus connus) sont une mine d’or… ou plutôt d’information. On peut y découvrir les réactions des internautes vis-à-vis de son entreprise comme de ses marques (image), mais également discourir avec eux (certains disent que nous sommes entrés dans l’ « ère de la conversation »). Il est ainsi possible de détecter les signaux faibles d’une crise à partir de la tonalité des propos tenus sur ces réseaux sociaux.

Beaucoup d’entreprises ont investi ces nouveaux médias dans l’espoir de « maîtriser » leur réputation, découvrir de nouvelles tendances de consommation, favoriser leur innovation en faisant participer les internautes à leurs projets, etc. Mais s’engager sur ces réseaux sociaux ne s’improvise pas. Etre présent sur le Web 2.0, pourquoi pas. Mais dans quel but et comment faire ? Dans un article paru le mois dernier, Amal Belkamel livre son expérience et sa méthode de travail. En voici un bref résumé. D’abord, veiller sur ces réseaux afin d’écouter et observer l’environnement de l’entreprise. Ensuite,  estimer dans quelle mesure ces médias numériques peuvent s’intégrer dans la stratégie de l’entreprise (stratégie découlant des objectifs de l’organisation). Puis, installer progressivement une présence ciblée sur les espaces sociaux avec un ton de communication, un rythme et un calendrier de publication, et surtout un contenu/contenant de qualité. Enfin, place aux échanges, à l’interaction entre l’entreprise et les internautes. Pour faire sens, l’engagement doit devenir pérenne, ce qui nécessite une bonne dose d’effort et de créativité. C’est le prix à payer pour rester en contact étroit avec les internautes. Veille, présence, engagement, pérennisation de l’action,… Voilà qui rappelle le Cycle du renseignement, cher à l’intelligence économique. Si le plan d’actions n’est pas le même, l’esprit demeure : une démarche itérative afin de rester à l’écoute de son environnement pour l’influencer.

Source : Digital Reputation Blog