Catégorie : Tendances

(e)Réputation = sérieux = banalités ?

Image Réputation et banalités

A force de gérer une réputation sur les réseaux sociaux professionnels, se profilent des banalités qui ne grandissent ni leurs auteurs ni ces plateformes sociales

Pour les entreprises, les associations, les marques et les personnes, les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn et Viadeo (pour ne citer qu’eux) représentent une opportunité : à moindre coût (quoique…) on peut faire sa promotion, espérer être vu,  et faire des affaires…

(E)réputation, personal branding, professional branding

Mais pour rester digne de confiance, donner envie d’être contacté, développer des relations sérieuses avant d’espérer conclure une affaire, le commun des profils veut paraître plus blanc que blanc. Et c’est là que le bât blesse ! A tort, l'(e)réputation, le personal branding et/ou le professional branding poussent des personnes à banaliser leurs posts et leurs conversations. Surtout ne pas faire de vague… Etre tiré à quatre épingles, le petit doigt sur la couture du pantalon. Gaaaaaarde à vous !

En avant le « Politiquement correct »

Résultat ? Beaucoup de partages et d’échanges insipides, sans contexte, lancés sur le fil d’actualité ou dans des groupes juste pour « occuper le terrain ». Cela donne des posts sur le travail d’équipe comme « Une équipe n’est pas qu’un groupe de personnes qui travaillent ensemble. C’est un groupe de personnes qui croient les uns aux autres » : belle incantation ! Connaissez-vous beaucoup de personnes qui vivent cette expérience merveilleuse ? Surtout quand les membres de l’équipe ne se sont pas mutuellement choisis. Et que chacun joue sa propre carte, au détriment de l’équipe. Sans compter les jalousies, rancœurs, rancunes et autres méfiances.

Citations inspirantes…

Un autre exemple sur la vie en général : « La vie c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre ». Lapalissade. Tenez, une autre réflexion sur la réussite : « Il n’y a pas d’ascenseur vers le succès, vous devez prendre les escaliers ». Certains tentent de grimper péniblement – pas à pas – des marches sans atteindre quelque succès. D’autres prennent l’ascenseur social (pourtant en panne) à vitesse grand V, en l’espace d’un instant ! Ou encore sur les relations interpersonnelles : « La plus grande satisfaction est de partager avec les autres » : parfois, mieux vaut ne pas partager pour des questions de confidentialité… On croirait entendre des politiciens. Des formules à l’emporte-pièce, soulevant peu de contradictions, au service de valeurs humanistes (collaboration, écoute, générosité, respect,…). Peut-être une tentation de donner du sens à un travail qui n’en à plus (ou pas ?), de trouver des motifs à rester productif et performant ?…  Allons-nous échapper à « Quand on a peur on s’ennuie. Et s’ennuyer, c’est banal et vulgaire » ou « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras » ?!?!

Sans parler des posts qui devraient plutôt être partagés sur Facebook – entre « amis » – que sur les réseaux professionnels… Un exemple ? « La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent, mais ne se massacrent pas ». Ou encore un commentaire récurrent dans les groupes : « Merci pour ce partage très inspirant ».

Se démarquer par la différence

Loin d’écarter d’un revers de main la pertinence de nombreux posts partagés sur LinkedIn, Viadeo, etc. cette tendance existe bel et bien… Comme si (e)réputation/personal branding/professional branding = crédibilité = sérieux = pas de vague =  banalités. On voudrait laisser croire qu’on pense différemment tout en étant le plus conformiste possible ! Au contraire, certaines personnes gèrent leur réputation en ligne en refusant le « politiquement correct » ou le « tristement banal ». En prenant position ! En se démarquant pour faire la différence. En polémiquant.

Production de connaissances, production de contenus

Outre la polémique, la production de connaissances reste un gage de qualité sur les réseaux sociaux professionnels. Puisque c’est elle qui apporte la valeur ajoutée à une offre de solutions. Production de connaissances ? Article de blog, infographie, présentation de document, témoignage client, wébinaire, curation de contenus pertinents, etc. Voilà de quoi engager le débat, susciter des conversations et provoquer des rencontres… Mais, cela n’engage que moi !

 

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Les contenus doivent jalonner le parcours d’achat

Image caddie:contenus & parcours d'achat

Avec internet, la manière dont vos prospects prennent leur décision d’achat a radicalement changé. Les contenus vous aident à les guider jusqu’à vous…

Internet a révolutionné le parcours d’achat des prospects : grâce à la masse de données disponibles sur le web, il est devenu beaucoup plus facile de s’informer en ligne avant d’acheter. 71 à 89% des décisions d’achat débuteraient par une requête sur un moteur de recherche (source : Hubspot). Et 57% du processus d’achat serait fait avant de parler à un commercial (source : Iko-system). Conséquence : le prospect diffère son face-à-face avec la force de vente…

Parcours d’achat & contenus

Afin de s’inscrire dans le processus de questionnement des internautes, il faut être en mesure de proposer des contenus qui répondent à leurs recherches, des contenus pertinents qui vont jalonner leur parcours d’achat : identification du problème > recherche de solutions > décision d’achat. Ceci pour les aider à mûrir leur décision, à choisir une solution, la meilleure, la plus belle, évidemment la vôtre 😉

Quels contenus ? L’essentiel réside moins dans la forme (infographie, article, vidéo,…) que sur le fond : quelles informations dois-je délivrer pour aider mon prospect à mûrir sa réflexion et l’accompagner ainsi jusqu’à sa décision d’achat ?  En fait, nous sommes tous sensibles au discours expérimenté qui permet de se forger une opinion sur un produit, un service, une solution… Sur le web, c’est pareil !

Pourquoi ? Comment ? Qui ?

Pour satisfaire les interrogations de votre futur acheteur, vous devez répondre aux 3 questions fondamentales qu’il se pose avant de passer à l’acte :

  • Pourquoi ? Le prospect cherche à clarifier sa « problématique » (Ex. : « Pourquoi mes prospects ne me prennent-ils plus au téléphone ? » => Réponses : trop de sollicitations, argumentation en décalage avec ses préoccupations, etc.) ;
  • Comment ? Comment trouver la/les solutions à mon problème (Ex. : « Comment contacter mes prospects autrement ? » => Réponses : le social selling, l’inbound marketing, etc.) ;
  • Qui ? Quel prestataire choisir en fonction de mes objectifs, de mon budget, etc. (Ex.: « Quelle formation/prestation répondra le mieux à mes attentes ? » => Réponses : comparaison des offres de formation, témoignages de clients formés, etc.).

La curation de contenu

Mais le contenu « maison », c’est-à-dire créé par votre entreprise, ne suffit pas. Et si d’autres s’exprimaient à votre place ? Des influenceurs tels des médias ou des personnalités ou encore des blogueurs influents dans votre domaine, des « ambassadeurs » comme des clients qui témoignent de leur expérience, etc.  Exemple : « Médias sociaux & organisations commerciales : croissance et performance  ? »

La recherche de contenus « tiers » – c’est-à-dire produits par d’autres – s’appelle la curation de contenus (vidéo, article, infographie, etc.). Outre l’avantage de faire parler des tiers à votre place, ces contenus vous font économiser du temps, de l’énergie et de l’argent… Et puis, vous faites de la veille sur votre domaine d’activité ;-). Non négligeable.

La règle des 80/20

La règle couramment appliquée est la suivante : 80% de contenus « tiers » pour 20% de contenus « maison ». Pourquoi ? Rappelez-vous que les internautes cherchent avant tout un contenu « utile », non de la publicité… Donner pour recevoir, c’est l’approche gagnante du marketing de contenu.

Le web, le monde et vous : réflexions (1)

 

Quelles sont les conséquences (in)attendues engendrées par nos pratiques quotidiennes du web ? Voici quelques pistes glanées, ici et là, au gré de lectures et d’échanges…

  • le web bouscule (déjà) les hiérarchies de dominance : Henry Laborit, neurobiologiste, explique dans son livre «Eloge de la fuite» comment les sociétés animales et humaines établissent des hiérarchies de dominance, les dominants imposant aux dominés leurs projets. Avec le web, on assiste à un rééquilibrage progressif entre les dominants et les dominés puisque ces derniers – dans la mesure où ils ont accès à internet – prennent la parole, mettant en question les dires et surtout les actions des dominants. Comme le soulignent Francis Pisani et Dominique Piotet dans «Comment le web change le monde», «la dynamique relationnelle qui caractérise le web d’aujourd’hui se heurte à la mécanique institutionnelle de toujours, et tout l’héritage intellectuel et social sur lequel elle s’est construite» (…). Et de conclure : «Le monde de demain sera, dans une large mesure, le résultat de l’affrontement entre mécanique institutionnelle et dynamique relationnelle» ;
  • Le web actuel fonctionne (un peu) comme le cerveau humain : une caractéristique commune au « world wide web » et au cerveau, c’est leur fonctionnement par associations. Sur la toile, les associations d’idées se font en passant de lien en lien, de page en page, toutes en rapport plus ou moins proche avec un sujet donné. Par exemple, si j’écris un article sur « la soupe au pistou », je peux le pimenter de liens pointant vers des sites de cuisiniers spécialisés en cuisine provençale, vers l’histoire de cette recette, vers un site communautaire dédié aux recettes, etc. Du coup, les internautes contributeurs se sont emparés de ce mode de publication à base d’hyperliens, reflétant en partie le mode de fonctionnement de leur cerveau ! En effet, ces associations d’idées sont à l’origine de l’imaginaire, fonction spécifiquement humaine permettant à l’homme d’ajouter de l’information à l’information, et de transformer le monde qui l’entoure. De même, force est de constater que le web actuel participe à l’imagination humaine et à sa capacité d’innovation en rapprochant des idées et en connectant des hommes.  A suivre…

Marketing et marketing social : même combat !

ConversationLa recherche d’informations et la veille trouvent tout naturellement leur place dans le marketing social. Pourquoi ? Le marketing appliqué aux médias sociaux s’intéresse tout particulièrement aux conversations émises par les internautes au sujet d’une marque, et à leur valeur potentielle pour celle-ci.

Qu’il s’agisse de l’audit de la présence d’une marque sur les médias médias, de l’écoute des conversations (avec un outil de veille), de la gestion d’une crise concernant la réputation ou encore de l’analyse des réactions d’une communauté aux contenus générés par une marque, la surveillance des signaux émis sur le web est primordiale. En outre, cette veille sociale va permettre d’adapter la stratégie de la marque, les médias sociaux étant par essence des espaces mouvants qu’il faut sans cesse apprivoiser…

Quelles bénéfices pour la marque ? Appréhender sa notoriété et sa réputation, comprendre les besoins et les attentes des clients et prospects, analyser les motifs de mécontentement, améliorer la satisfaction client, lever les freins à l’achat, mais également faire de la co-création à partir d’idées émises par des internautes.

Quels bénéfices pour les internautes ? Constater que leur parole est prise en compte par la marque dans laquelle ils se reconnaissent, gagner en prestige social auprès de leurs « amis ». Et pourquoi pas gagner des avantages (cadeaux, services etc.) si la marque sait être reconnaissante !

Finalement, le marketing traditionnel et le marketing social se rejoignent sur leurs finalités : déceler les tendances, répondre aux attentes des prospect et clients, améliorer les produits et services, et en créer de nouveaux. D’un côté l’étude de marche, l’enquête (terrain ou téléphonique) et le focus group. De l’autre, l’écoute des conversations, le dialogue avec les clients et la co-création. En fait, la veille automatisée et la recherche d’informations prolongent la démarche marketing d’une marque sur le web. Avec un atout majeur : une relation directe entre la marque et ses publics, pour peu qu’elle soit capable de générer des contenus à valeur ajoutée, puis accepter d’entrer en conversation avec son audience.

 Qui a dit que les marchés sont des conversations ?!?!

Panorama des médias sociaux 2013

Comme l’année dernière, Overdrive Interactive a eu la bonne idée de réaliser un instantané des média sociaux en 2013. Ils ne sont pas les seuls à se livrer à ce genre d’exercice… Citons – par exemple – http://www.flickr.com/photos/fredcavazza/8653860301/ ou encore http://i0.wp.com/www.emarketinglicious.fr/wp-content/uploads/2013/07/ConversationPrism_1600x1200.jpg
Il est toujours intéressant de s’arrêter sur l’image d’un monde en constante évolution. En l’occurrence, la variété des solutions est répertoriée en 3 catégories : sites, applications mobiles, plateformes et outils. L’intérêt de ce travail réside avant tout dans sa tentative de clarté, la volonté de représenter un «écosystème» : le résultat d’Overdrive Interactive est remarquable de lisibilité. Petit détail : en cliquant sur chaque nom, on accède directement à la page de service : wikipedia, yelp, tinyurl, etc. Pratique.
Reste à savoir comment utiliser ce genre de solutions… Lesquelles ? A quelles fins ? Dans quelles circonstances ?… Car ces outils, aussi «intelligents» soient-ils, doivent rester au service d’objectifs clairement identifiés. Ils restent des moyens et pas une fin en soi.

L’état du web social selon GlobalWebIndex

«Stream social : Q2 2013» de GlobalWebIndex a analysé les usages mondiaux de 5 plateformes sociales (Facebook, Google+, Twitter, LinkedIn et Pinterest) au cours du 2e trimestre 2013. Voici quelques focus issus de cette étude :

  • Bien que la majorité des utilisations proviennent encore des ordinateurs, le mobile tire les usages du web social puisque Facebook, Twitter et Google+ enregistrent chacun leur plus forte croissance depuis les smartphones. Rien que sur Facebook, les mobiles ont généré le plus fort taux de partage de photos : 239 millions d’utilisateurs depuis leur mobile, contre 178 millions depuis leur ordinateur et 108 millions via leur tablette numérique ;
  • Pinterest et Tumblr sont les plateformes sociales ayant grossi le plus depuis un an, en hausse respectivement de 88% et 74% ;
  • Avec quelque 318 millions d’utilisateurs mondiaux estimés, Google+ est la 2e plateforme sociale la plus utilisée derrière Facebook, dépassant ainsi Twitter et LinkedIn ;
  • Facebook reste la plateforme sociale la plus populaire : 69% des utilisateurs d’internet dans le monde ont un compte Facebook, et 43 % l’ont utilisée au cours de la période de référence de l’étude (avril à juin 2013) ;
  • Facebook conserve aussi le plus fort taux de participation parmi ses « abonnés » avec 62% de comptes «actifs» (51% pour Twitter et 44 % pour Google+) ;
  • Sur Facebook, 57% des utilisateurs mondiaux sont des hommes (43% de femmes), sur Google+ la proportion est de 63% d’hommes/37% de femmes, sur Twitter 61 %/39%, et 63%/ 37% sur LinkedIn ;
  • La majorité des utilisateurs de Facebook, Twitter, Google+, LinkedIn et Pinterest ont entre 35/44 ans ;
  • Bien que Facebook domine le monde en termes d’usages, quelle que soit la région du globe, Google+ poursuit sa percée et sa pénétration sur la zone Asie Pacifique le met en position de challenger derrière Facebook ;

Derrière cette avalanche de données difficilement vérifiables, chaque plateforme sociale se livrant à une guerre des chiffres pour montrer son influence, ces ordres de grandeurs confirment au moins deux tendances fortes : côté usages, l’internet se déplace de notre ordinateur de bureau à notre poche (tablettes et smartphones), côté plateforme la montée en force de Google+, challenger de Facebook…  D’autres suggestions ?

« Opinions en ligne » : investir dans l’expertise humaine

Photo D. Boullier

Trois questions à… Dominique Boullier, Coordonnateur scientifique du médialab de Sciences Po.

Moins d’un an après la sortie de votre ouvrage écrit en collaboration avec Audrey Lohard « Opinion mining et sentiment analysis – méthodes et outils », où en sommes-nous ?

Chaque année ou presque, on assiste à un phénomène d’emballement : Second life, Facebook, Twitter, etc. Concernant la fouille de l’opinion, on sort d’une époque de « hype » (à la mode, ndlr) qui a duré 2 ans : tous les professionnels du marketing, de la veille et d’autres domaines voulaient proposer une prestation de ce type à leurs clients. Quitte à prendre n’importe quelle solution disponible sur le marché.

D’aucuns ont laissé croire aux clients qu’on allait pouvoir tout automatiser, avoir une vision globale de l’e-réputation de leur(s) marque(s), avec des données interprétées sur-le-champ, etc. Et même sortir du chapeau des pistes d’actions stratégiques ! Déçus, certains n’en font plus, pensant que tout cela ne vaut rien, en définitive.

Pourquoi ce retour de balancier ?

Il y a une telle habitude au stress, une urgence à trouver des réponses immédiates à une situation donnée que les gens ne pensent plus stratégiquement ! Donc ils essaient des choses en espérant la solution miracle… En vérité, ce genre de logiciels – servant à « fouiller » le web, détecter des opinions et analyser leurs tonalités – doit être utilisé avec précaution. D’emblée, il faut dire la vérité au client : il est illusoire d’en attendre tout. Mais, on va sans doute pouvoir identifier 5 ou 6 idées utiles stratégiquement. Ce qui n’est déjà pas si mal ! Or, même prévenu, le client est déçu. D’où la phase actuelle de désillusion…

Comment faire pour revenir à une vision plus réaliste ?

Il faut proportionner les attentes du client, définir les pré-requis et investir dans l’expertise humaine. En fait, avant de construire des requêtes amorçant l’analyse des tonalités d’opinions, on est obligé de se poser les bonnes questions : par exemple, de quoi est fait tel problème bancaire ? Si on n’est pas du secteur de la banque, on ne peut répondre à cette question. Il faut donc travailler de concert avec les experts du domaine pour construire les attributs d’un problème, à partir desquels on va pouvoir lancer des requêtes via un logiciel.

Or, les clients ne sont pas toujours dans cet état d’esprit. Leur posture consiste à demander des réponses beaucoup trop élaborées, par ailleurs sans consacrer d’expertise humaine en amont de la fouille du web, pendant le processus de recueil des données et ensuite pour analyser les informations recueillies. Ce qui est une erreur…

Veille : le profil des nouveaux usages

Le groupe de travail « Intelligence Economique et Economie de la Connaissance » du GFII a publié en juin dernier un opus instructif : « Nouveaux usages de la veille : 5 pratiques en émergence ». Un livrable élaboré à partir de données bibliographiques, de retours d’expériences de veilleurs dans les grandes entreprises, mais également d’éditeurs de logiciels pour croiser la vision des utilisateurs avec celle des fournisseurs de solutions. Et de comprendre comment ces acteurs voient leurs activités évoluer à 3 ou 5 ans…

  1. La veille en temps réel permet de capter un corpus d’informations, sans décalage entre le moment de la production de l’input, du signal et sa diffusion vers les médias. Une activité plutôt liée à la gestion de crise imposant une réaction la plus proche possible de la détection de l’événement. Ce type de veille s’impose, car le web est devenu un espace de prise de parole aplanissant l’espace-temps. D’une part, il s’agit de ne pas laisser passer l’information essentielle, de l’autre être en mesure de réagir immédiatement. Avec la multiplication des sources sous surveillance et donc des données récupérées, cette veille accroit un phénomène de saturation chez les professionnels de l’information (ou « information overload »)… Pour limiter cette saturation, il faudra pouvoir compter sur les progrès de la recherche sémantique afin d’ajouter du sens aux résultats par l’analyse des sentiments, mais également optimiser la lecture et le processus d’analyse de l’utilisateur grâce aux restitutions visuelles et autres graphes de corrélation.
  2. La veille sur les réseaux sociaux, des réseaux centrés sur l’individu et ses opinions : ici, la veille entre de plain-pied dans la collecte et l’analyse des données participant à la construction de la réputation d’entreprise et de marque, la prévention d’attaques réputationnelles, mais également le suivi d’actions marketing et de communication via les opinions exprimées ou encore compléter l’habituelle veille concurrentielle par une veille RH (LinkedIn, Viadeo…). Selon le groupe de travail, l’avenir de cette veille « sociale » va dans le sens d’une multiplication des connexions internes à l’entreprise comme avec l’externe, la capacité d’acquisition de l’information utile via la contribution d’un nombre croissant de collaborateurs aux processus de veille à travers les réseaux sociaux d’entreprise, la généralisation des outils de curation grâce auxquels chacun fera de la veille, la pratique d’une co-innovation par la veille des communautés hyper spécialisées, etc.
  3. La veille multimédia (blogs, journaux, vidéos, forums, réseaux sociaux, presse en ligne, etc.) afin de pouvoir veiller sur tous les supports ou types d’information (papier, électronique, télé, radio, etc.) à partir d’un seul outil et de faire ainsi une veille à 360°… Pour être efficace, c’est-à-dire filtrer les (seules) informations dont l’organisation a besoin, il faudra une centralisation des données issues de tous les supports sur des interfaces uniques. La progression des technologies de la reconnaissance vocale (speech-to-text) pour les données issues de la radio ou de la vidéo devrait être un levier majeur d’amélioration de la mise à disposition du multimédia dans des solutions globales…
  4. La veille multilingue hautement stratégique, car la compétitivité des entreprises dépasse souvent les frontières d’un pays, devant s’affranchir des barrières linguistiques (avec la difficulté de maîtriser les aspects culturels…). Il faut donc disposer d’un outil de veille multilingue particulièrement pointu : collecte et/ou surveillance de sources multilingues avec traitement des caractères latins, chinois, arabes etc., catégorisation automatique des contenus par langue, dictionnaires multilingues intégrés, interface multilingue de consultation personnalisable, moteur de recherche sémantique proposant des fonctionnalités de recherche cross-lingue permettant l’interrogation de corpus multilingues à partir d’une requête monolingue…
  5. La cartographie (et représentation visuelle) de l’information permet de structurer l’information et de représenter visuellement des stocks et des flux. Elle offre ainsi une manière pertinente de lire et d’analyser les données, facilitant ainsi le travail de synthèse et de capitalisation du veilleur. Sans oublier sa valeur prospective avec la détection d’indices, de signes, de signaux faibles utiles pour anticiper l’environnement, repérer les menaces et saisir les opportunités. L’avenir préfigure davantage de visualisation en temps réel, en 3D, avec des cartes multicouches, de la fouille de textes (text-mining)…

Ces tendances de fond – qui consistent en somme à veiller partout et tout le temps – mettent en exergue l’indispensable progression technique des outils automatisés de surveillance et de représentation. Mais elles soulignent surtout leur corollaire : la capacité humaine à analyser – avec diligence et intelligence – les informations utiles aux décideurs…

Quelques données sur les pratiques de veille en 2012

Digimind a publié récemment son « Baromètre des pratiques de veille 2012 » visant à cerner les tendances des entreprises en matière de veille stratégique. Même s’il faut toujours considérer ce genre d’étude avec prudence (en effet, la constitution de l’échantillon, la formulation des questions et le panel des répondants conditionnent fortement les résultats), il n’en demeure pas moins intéressant d’appréhender les principaux enseignements d’un point de vue qualitatif (et non quantitatif).

Ainsi, les répondants annoncent que la veille concurrentielle est l’un des axes clés de leur activité. Surveiller la concurrence est donc la problématique centrale traitée par les dispositifs de veille, avec l’anticipation des évolutions de leur secteur d’activité et la surveillance de menaces potentielles.

Le manque de temps et de ressources humaines sont les obstacles majeurs des cellules de veille stratégiques, sans oublier les contraintes budgétaires et l’identification des sources pertinentes. Parmi ces sources, la presse en ligne, les magazines, les sites web des entreprises et les agrégateurs d’actualité sont surveillés quotidiennement, au détriment des forums et des groupes de discussions. Mais aujourd’hui, la grande majorité des répondants suivent les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et LinkedIn) pour trouver de l’information relative à leurs concurrents, aux évolutions de leur secteur d’activité, aux tendances de consommation, etc.

Le nombre d’heures moyen consacrées à la recherche d’informations sur le web est de 15 h par semaine, certaines cellules de veille passant jusqu’à 70 heures sur cette seule activité… Pratiquement tous les répondants utilisent des moteurs de recherche généralistes comme Google et Bing pour collecter de l’information stratégique. Beaucoup utilisent également des agrégateurs de flux RSS comme Google Reader et les agrégateurs d’actualité comme Factiva et Lexis Nexis. Mais seulement la moitié des répondants déclarent utiliser un logiciel de veille intégré. Quant à la diffusion de l’information stratégique au sein d’une organisation, la méthode préférée demeure l’e-mail, devant la rédaction de rapports et les réunions.

En conclusion, le baromètre souligne que la grande majorité des répondants semblent satisfaits de la performance de leurs équipes, ce qui explique sans doute que beaucoup d’entre eux déclarent planifier en ce moment des projets de veille stratégique. Pour le moins, voilà qui souligne l’importance croissante de cette activité pour les organisations…

Internet : les sites dominant le monde

Quels sont les outils de recherche qui dominent l’internet d’aujourd’hui ? La carte publiée ici représente l’état des forces concurrentielles en présence. Résultant de l’analyse du site classé en première position dans chaque pays par Alexa (une entreprise américaine fournissant des statistiques sur le trafic du web mondial), elle révèle quelques surprises : d’abord, Facebook ne domine pas les deux continents américains, ni même l’Europe… au profit de Google. Logiquement, Yandex en Russie et Baïdu en Chine s’imposent dans leur univers linguistique respectif. Quant à @mail, il s’agit d’un portail et moteur de recherche russe dominant au Kazakhstan et en Ouzbékistan. Ensuite, l’autre grande surprise est la prédominance de Yahoo! au Japon et… au Cameroun. Enfin, Facebook se taille la part belle en Afrique, un choix plutôt logique vue l’approche communautaire de nos amis africains. En somme, à part quelques particularités régionales, la domination des compagnies américaines est imposante, confirmant l’hégémonie de l’univers anglo-saxon et par conséquent de l’anglais. Outil de recherche et de veille, internet se révèle être aussi un formidable outil d’influence culturelle…