Le Petit Chaperon Rouge et la NSA

Le petit chaperon rouge« Eh ! Grand-mère comme tu as de grandes oreilles »
« C’est pour mieux t’entendre »
« Eh ! Grand-mère comme tu as de grands yeux »
« C’est pour mieux te voir »
« Eh ! Grand-mère comme tu as de grands bras »
« C’est pour mieux t’embrasser »
« Eh ! Grand-mère comme tu as une grande bouche »
« C’est pour mieux te manger » (« Le Petit Chaperon Rouge » de Jacob et Wilhelm Grimm).

La surprise de certains média et hommes politiques à l’égard des révélations d’Edward Snowden frise le ridicule. A moins que cela ne soit tout simplement de l’hypocrisie. Avec de grandes oreilles, de grands yeux, de grands bras et une grande bouche, il est en effet tenant d’écouter, de regarder, d’embrasser et de croquer tout ce bouge. S’en étonner rélève ni plus ni moins de la naïveté. En leur communiquant des informations stratégiques, l’administration américaine a toujours aidé ses entreprises nationales à gagner des parts de marché. Même si les Etats-Unis ne sont pas les seuls à agir ainsi, l’ampleur des «écoutes» – sous couvert de lutte antiterroriste – est pour le moins gargantuesque. Mais l’Oncle Tom a un appétit sans limite et le bras long… A la guerre comme à la guerre !
En l’occurrence, il s’agit bien d’une guerre économique déployée à grande échelle. En France, depuis le rapport Martre de février 1994, près de 20 ans ont passé. Et aujourd’hui encore, on s’étonne de telles pratiques… Combien faudra-t-il d’autres «révélations» avant que de réelles décisions politiques aident les états et les acteurs économiques à protéger leurs informations stratégiques ? Protection des données, veille et influence devraient trouver une résonance toute particulière face aux pratiques du système Prism mises en lumière par Edward Snowden.
Espérons que cette actualité agitant la sphère médiatico-politique fasse enfin prendre conscience à l’Union européenne, aux états membres et même aux citoyens que l’homme est un loup pour l’homme…

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