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« Opinions en ligne » : investir dans l’expertise humaine

Dans Entreprises, Médias sociaux, Tendance, Veille le 25 janvier 2013 à 06:25

Photo D. Boullier

Trois questions à… Dominique Boullier, Coordonnateur scientifique du médialab de Sciences Po.

Moins d’un an après la sortie de votre ouvrage écrit en collaboration avec Audrey Lohard « Opinion mining et sentiment analysis – méthodes et outils », où en sommes-nous ?

Chaque année ou presque, on assiste à un phénomène d’emballement : Second life, Facebook, Twitter, etc. Concernant la fouille de l’opinion, on sort d’une époque de « hype » (à la mode, ndlr) qui a duré 2 ans : tous les professionnels du marketing, de la veille et d’autres domaines voulaient proposer une prestation de ce type à leurs clients. Quitte à prendre n’importe quelle solution disponible sur le marché.

D’aucuns ont laissé croire aux clients qu’on allait pouvoir tout automatiser, avoir une vision globale de l’e-réputation de leur(s) marque(s), avec des données interprétées sur-le-champ, etc. Et même sortir du chapeau des pistes d’actions stratégiques ! Déçus, certains n’en font plus, pensant que tout cela ne vaut rien, en définitive.

Pourquoi ce retour de balancier ?

Il y a une telle habitude au stress, une urgence à trouver des réponses immédiates à une situation donnée que les gens ne pensent plus stratégiquement ! Donc ils essaient des choses en espérant la solution miracle… En vérité, ce genre de logiciels – servant à "fouiller" le web, détecter des opinions et analyser leurs tonalités – doit être utilisé avec précaution. D’emblée, il faut dire la vérité au client : il est illusoire d’en attendre tout. Mais, on va sans doute pouvoir identifier 5 ou 6 idées utiles stratégiquement. Ce qui n’est déjà pas si mal ! Or, même prévenu, le client est déçu. D’où la phase actuelle de désillusion…

Comment faire pour revenir à une vision plus réaliste ?

Il faut proportionner les attentes du client, définir les pré-requis et investir dans l’expertise humaine. En fait, avant de construire des requêtes amorçant l’analyse des tonalités d’opinions, on est obligé de se poser les bonnes questions : par exemple, de quoi est fait tel problème bancaire ? Si on n’est pas du secteur de la banque, on ne peut répondre à cette question. Il faut donc travailler de concert avec les experts du domaine pour construire les attributs d’un problème, à partir desquels on va pouvoir lancer des requêtes via un logiciel.

Or, les clients ne sont pas toujours dans cet état d’esprit. Leur posture consiste à demander des réponses beaucoup trop élaborées, par ailleurs sans consacrer d’expertise humaine en amont de la fouille du web, pendant le processus de recueil des données et ensuite pour analyser les informations recueillies. Ce qui est une erreur…

La réputation n’est pas l’image

Dans Entreprises, Les mots de l'IE, Tendance, Uncategorized, Veille le 17 octobre 2011 à 19:37

Dans le domaine des représentations, il ne faut pas confondre l’image et la réputation. L’image d’une marque, d’une entreprise ou d’une personnalité correspond à la représentation individuelle que chacun s’en fait. Ainsi, je me construis une certaine image d’une personnalité médiatique à partir de mes observations, de mes valeurs, de ma sensibilité, de l’influence (potentielle) des médias sur mon opinion, etc. En revanche, la réputation correspond à la représentation collective qu’on se fait d’une personnalité, organisation ou marque. On dit communément qu’une personne "a mauvaise réputation" ou qu’elle "a une bonne réputation"… La réputation naît d’une multiplicité d’expériences partagées.

De tout temps, image et réputation ont (co)existé. Mais aujourd’hui, si les organisations, les marques et les personnalités publiques se préoccupent de plus en plus de leur réputation sur Internet (e-réputation), c’est que la vitesse de propagation d’une information sur le Net, la diversité des acteurs pouvant participer à sa diffusion (salariés, partenaires, concurrents, consommateurs, etc.) et la trace numérique quasi ineffaçable qu’elle laisse, révolutionnent la communication. Du coup, il est impensable que les personnes morales et physiques – publiques et privées – restent sourdes aux informations (et notamment aux conversations) qui courent sur la Toile. Avant l’avènement du Web 2.0, elles tentaient de maîtriser (tant bien que mal !) leur réputation par une communication descendante, unilatérale. Depuis, la communication a gagné deux nouvelles dimensions : la transversalité et l’interactivité. Les échanges entre internautes ont révolutionné la donne. Les cartes de la communication étant rebattues, les organisations et les personnalités sont contraintes de s’asseoir à la table de jeu. Au risque de perdre la main. La mise. Voire pire…

Mesurer l’image numérique…

Dans Trucs & Astuces le 24 mai 2011 à 09:01

Avec le temps, l’e-réputation va prendre de plus en plus d’importance pour les personnes physiques et morales à visibilité publique. Cette tentative de mesure de l’impact numérique d’une administration, d’un individu, d’une entreprise, d’une marque… à travers les forums, blogs, et autres réseaux sociaux traduit une tendance : les internautes donnent de plus en plus leur avis sur le web. Ainsi, dans un dossier paru dans Veille Magazine, on avance que plus de 100 clients donneraient une opinion sur les marques chaque seconde dans le monde… Certes, toutes les citations ne sont pas réellement une source de contenus exploitables. Pour autant, le phénomène va sans aucun doute s’accentuer. Voilà pourquoi des administrations, des entreprises, des agences de communication, des instituts de sondage, etc. s’intéressent de plus en plus aux outils permettant d’évaluer, non seulement leur e-notoriété sur le web, mais surtout leur e-reputation grâce à des mesures de tonalités (négatives ou positives basées sur les verbatims pris dans leur contexte d’apparition sur le web).

Il n’en reste pas moins vrai que le web  n’est pas le lieu de l’expression moyenne et qu’il n’est pas représentatif de l’opinion. De fait, l’e-reputation ne permet d’évaluer qu’une partie de l’influence d’une personne physique ou morale à un instant donné. Mais le temps de diffusion et de relais d’opinions sur le web étant tellement rapide, il est évident que les entreprises ont intérêt à essayer de gérer leur image numérique afin d’anticiper et gérer au mieux  des crises informationnelles. C’est pourquoi il faut replacer l’e-reputation dans son contexte plus large :  une stratégie globale d’influence des idées…

Accord entre le Portail de l’IE et Lingway

Dans Formation, Politique Publique le 18 mai 2011 à 11:22

C’est officiel depuis le 17 mai 2011 : Lingway et le Portail de l’IE ont signé un accord de partenariat autour de l’e-réputation. Dans le cadre de cet accord, le Portail de l’IE proposera prochainement un indicateur régulier sur l’analyse du discours dans le domaine de l’intelligence économique basé sur Lingway e-reputation, plateforme en SaaS (Software as a service) de veille et d’analyse des opinions abordées et des opinions exprimées sur internet.

Pour sa partie éditoriale, le Portail de l’IE utilisera également  une application développée sur un corpus de sources spécifique et actualisé en permanence, pour produire des rapports d’analyse au fil de l’eau sur des sujets d’actualités concernant la veille, l’intelligence économique, la gestion de crise, le lobbying ou encore la communication d’influence.

Rappelons que le Portail de l’IE est le projet fédérateur de la communauté des acteurs français de l’IE (lire notre article). Lingway est un éditeur de logiciel de moteurs d’analyse et de recherche spécialisés. Il s’appuie sur des composants sémantiques multilingues et des ressources linguistiques métiers pour proposer aux entreprises des solutions d’analyse et de recherche adaptées à leur secteur d’activité.

Source :  Lingway

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