Le web, le monde et vous : réflexions (2)

  • Le web est devenu (en partie) notre mémoire individuelle et collective. Pour paraphraser Michel Serres, lorsque j’allume mon ordinateur le matin, j’ouvre ma mémoire ! Et quand je vais sur le web, j’y retrouve la « connaissance collective », y compris celle que j’ai moi-même choisi de déposer ici sur un blog, là dans un nuage (cloud), ailleurs sur des plateformes sociales.
  • Le web est (aussi) un espace symbolique : mot, image, audio/vidéo. On nage en pleine représentation des choses : le mot n’est pas la chose, pas plus que la carte est le territoire… Ce qui ne veut pas dire que ces représentations ne mènent pas à la «vraie vie». En témoigne par exemple le rôle des médias sociaux dans le «printemps arabe». Ou encore la possibilité de se retrouver physiquement grâce à des plateformes sociales de géolocalisation comme Foursquare.
  • Le web change (progressivement) notre identité sociale : l’identité individuelle se prolonge d’une dimension numérique (avatar, profil, pseudo…), et la vie sociale s’enrichit avec la dynamique relationnelle du web. Qui n’a pas retrouvé d’anciennes connaissances par Facebook ? Qui n’a pas tissé des liens forts avec un inconnu « rencontré » par hasard (?) sur la toile ?…
  • Le web change (radicalement) notre façon de s’informer et de consommer. Il est devenu impensable de se faire une idée sur un sujet, choisir un produit ou un service sans avoir consulté les forums, les réseaux sociaux, les sites comparatifs… pour examiner les avis, critiques, tests, recommandations, etc. laissées par nos « pairs ». Pour les marques, c’est une remise en cause de leur statut d’annonceur ; pour les médias d’information, c’est une remise en cause de leur exclusivité sur l’actualité. Pour les politiques, c’est une remise en cause de leur posture symbolique et de leurs « éléments de langage »…

Au centre de ces profondes évolutions initiées par les TIC, il existe un dénominateur commun : en quelques années, les contenus sont devenus l’élément central de la mutation numérique. Un enjeu majeur pour la recherche d’informations, la veille et l’influence… Ils seront le sujet d’un autre article.

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Le web, le monde et vous : réflexions (1)

 

Quelles sont les conséquences (in)attendues engendrées par nos pratiques quotidiennes du web ? Voici quelques pistes glanées, ici et là, au gré de lectures et d’échanges…

  • le web bouscule (déjà) les hiérarchies de dominance : Henry Laborit, neurobiologiste, explique dans son livre «Eloge de la fuite» comment les sociétés animales et humaines établissent des hiérarchies de dominance, les dominants imposant aux dominés leurs projets. Avec le web, on assiste à un rééquilibrage progressif entre les dominants et les dominés puisque ces derniers – dans la mesure où ils ont accès à internet – prennent la parole, mettant en question les dires et surtout les actions des dominants. Comme le soulignent Francis Pisani et Dominique Piotet dans «Comment le web change le monde», «la dynamique relationnelle qui caractérise le web d’aujourd’hui se heurte à la mécanique institutionnelle de toujours, et tout l’héritage intellectuel et social sur lequel elle s’est construite» (…). Et de conclure : «Le monde de demain sera, dans une large mesure, le résultat de l’affrontement entre mécanique institutionnelle et dynamique relationnelle» ;
  • Le web actuel fonctionne (un peu) comme le cerveau humain : une caractéristique commune au « world wide web » et au cerveau, c’est leur fonctionnement par associations. Sur la toile, les associations d’idées se font en passant de lien en lien, de page en page, toutes en rapport plus ou moins proche avec un sujet donné. Par exemple, si j’écris un article sur « la soupe au pistou », je peux le pimenter de liens pointant vers des sites de cuisiniers spécialisés en cuisine provençale, vers l’histoire de cette recette, vers un site communautaire dédié aux recettes, etc. Du coup, les internautes contributeurs se sont emparés de ce mode de publication à base d’hyperliens, reflétant en partie le mode de fonctionnement de leur cerveau ! En effet, ces associations d’idées sont à l’origine de l’imaginaire, fonction spécifiquement humaine permettant à l’homme d’ajouter de l’information à l’information, et de transformer le monde qui l’entoure. De même, force est de constater que le web actuel participe à l’imagination humaine et à sa capacité d’innovation en rapprochant des idées et en connectant des hommes.  A suivre…
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Marketing et marketing social : même combat !

ConversationLa recherche d’informations et la veille trouvent tout naturellement leur place dans le marketing social. Pourquoi ? Le marketing appliqué aux médias sociaux s’intéresse tout particulièrement aux conversations émises par les internautes au sujet d’une marque, et à leur valeur potentielle pour celle-ci.

Qu’il s’agisse de l’audit de la présence d’une marque sur les médias médias, de l’écoute des conversations (avec un outil de veille), de la gestion d’une crise concernant la réputation ou encore de l’analyse des réactions d’une communauté aux contenus générés par une marque, la surveillance des signaux émis sur le web est primordiale. En outre, cette veille sociale va permettre d’adapter la stratégie de la marque, les médias sociaux étant par essence des espaces mouvants qu’il faut sans cesse apprivoiser…

Quelles bénéfices pour la marque ? Appréhender sa notoriété et sa réputation, comprendre les besoins et les attentes des clients et prospects, analyser les motifs de mécontentement, améliorer la satisfaction client, lever les freins à l’achat, mais également faire de la co-création à partir d’idées émises par des internautes.

Quels bénéfices pour les internautes ? Constater que leur parole est prise en compte par la marque dans laquelle ils se reconnaissent, gagner en prestige social auprès de leurs « amis ». Et pourquoi pas gagner des avantages (cadeaux, services etc.) si la marque sait être reconnaissante !

Finalement, le marketing traditionnel et le marketing social se rejoignent sur leurs finalités : déceler les tendances, répondre aux attentes des prospect et clients, améliorer les produits et services, et en créer de nouveaux. D’un côté l’étude de marche, l’enquête (terrain ou téléphonique) et le focus group. De l’autre, l’écoute des conversations, le dialogue avec les clients et la co-création. En fait, la veille automatisée et la recherche d’informations prolongent la démarche marketing d’une marque sur le web. Avec un atout majeur : une relation directe entre la marque et ses publics, pour peu qu’elle soit capable de générer des contenus à valeur ajoutée, puis accepter d’entrer en conversation avec son audience.

 Qui a dit que les marchés sont des conversations ?!?!

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Panorama des médias sociaux 2013

Comme l’année dernière, Overdrive Interactive a eu la bonne idée de réaliser un instantané des média sociaux en 2013. Ils ne sont pas les seuls à se livrer à ce genre d’exercice… Citons – par exemple – http://www.flickr.com/photos/fredcavazza/8653860301/ ou encore http://i0.wp.com/www.emarketinglicious.fr/wp-content/uploads/2013/07/ConversationPrism_1600x1200.jpg
Il est toujours intéressant de s’arrêter sur l’image d’un monde en constante évolution. En l’occurrence, la variété des solutions est répertoriée en 3 catégories : sites, applications mobiles, plateformes et outils. L’intérêt de ce travail réside avant tout dans sa tentative de clarté, la volonté de représenter un «écosystème» : le résultat d’Overdrive Interactive est remarquable de lisibilité. Petit détail : en cliquant sur chaque nom, on accède directement à la page de service : wikipedia, yelp, tinyurl, etc. Pratique.
Reste à savoir comment utiliser ce genre de solutions… Lesquelles ? A quelles fins ? Dans quelles circonstances ?… Car ces outils, aussi «intelligents» soient-ils, doivent rester au service d’objectifs clairement identifiés. Ils restent des moyens et pas une fin en soi.

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Récupérer un contenu web disparu via les réseaux sociaux

Que celui qui n’a jamais perdu le contenu d’une page web lève la main ?!?! Classique, énervant, entêtant, voire carrément pénalisant… Dans leur publication «Resurrecting My Revolution Using Social Link Neighborhood in Bringing Context to the Disappearing Web», Hany M. SalahEldeen and Michael L. Nelson démontrent qu’il est possible de retrouver (en partie) le contenu d’une page web en étudiant des contenus relatifs au lien indisponible. Comment ? Ils utilisent les réseaux sociaux pour retrouver des messages relatifs à un message d’origine (contenant le lien désormais inactif). Par exemple, avec Topsy, ils cherchent la ressource manquante, puis consultent les tweets en relation avec celle-ci. Ensuite, les termes fréquemment relevés sont entrés dans Google : ce moteur propose à son tour des résultats comprenant des documents censés remplacer – en partie – le contenu perdu… Ainsi, les chercheurs ont réussi à «récupérer» un contenu similaire à 70 % à celui de la page web d’origine. Et ce pour 41% des liens perdus qu’ils ont testé. En somme, l’idée consiste à retrouver des données perdues à partir de traces laissées sur le web social. Au cours de leurs investigations, les chercheurs ont aussi constaté que des contenus disparus réapparaissent à l’occasion de la réactivation d’un compte utilisateur momentanément suspendu ou d’un nom de domaine interrompu, puis restauré.

On peut tout simplement éviter ce genre de mésaventure en copiant/collant le contenu d’une page web dans un traitement de texte (Word, Google Drive, etc.) ou s’envoyer l’adresse du lien et son contenu par messagerie électronique.

Source : atelier.net

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10 (bonnes) raisons d’être sur les médias sociaux

Y aller ou pas ? Quelle que soit l’entreprise, sa taille et son activité, la question ne se pose même pas ! Voici (au moins) 10 raisons qui poussent inévitablement les marques sur le web social * :

#1 Créer des liens et développer l’affectif : trop longtemps absente de la communication unilatérale des marques, la parole citoyenne (et des consommateurs) se fait entendre grâce au web 2.0. Une aubaine pour les marques qui peuvent créer des liens privilégiés avec leurs clients. Car se faire connaître ne suffit pas : votre entreprise doit développer un lien affectif avec ses publics avant que ces derniers aient envie d’acheter vos produits/services ou simplement d’adhérer à vos valeurs…

# 2 Recueillir des informations : en dialoguant avec vous, en échangeant avec des «amis» sur leur expérience utilisateur, vos clients livrent de précieuses informations vous permettant d’améliorer vos produits et services. Voire en créer de nouveaux.

# 3 Bénéficier de la viralité des réseaux sociaux : un client content – ou non ! – peut le faire savoir à son réseau d’ «amis» en un clin d’œil. «Amis» qui vont à leur tour le faire savoir à leurs «amis», etc. Quel autre outil de communication peut-il en faire autant ?

# 4 Développer sa publicité gratuite : le web social augmente le bouche-à-oreille. Les conversations générées sur Facebook, Twitter etc. transforment vos clients satisfaits en porte-paroles de l’entreprise.

# 5 Gagner en réactivité : comme tout va beaucoup plus vite sur les média sociaux, les habitudes changent. Pourquoi un client attendrait-il des jours avant d’avoir une réponse de votre part ? Avec un compte Twitter par exemple, le service consommateurs ou le SAV d’une entreprise peut répondre plus rapidement aux attentes de ses publics.

# 6 Générer des contacts utiles : pour un faible coût, on sollicite facilement l’attention de ses prospects via les média sociaux si l’on sait produire des contenus de qualité répondant à leurs attentes. En échange, ils auront plus facilement tendance à vous communiquer ces précieuses données qui vont vous permettre de les contacter.

# 7 Démontrer sa valeur ajoutée : la production de contenus (texte, vidéo, etc.) liés à l’activité et l’histoire de l’entreprise puis leur partage sur les média sociaux va générer de la confiance, élément indispensable à toute relation commerciale. Qui parle le mieux de vous… que vous ? (A part vos clients !?!)

# 8 Se positionner face à la concurrence : puisque les consommateurs ont pris l’habitude de se renseigner via les moteurs de recherche et leur communauté d’ »amis » avant d’acheter, ne pas pas apparaître sur les média sociaux laisse le champ libre à la concurrence.

# 9 Améliorer son référencement : dans leurs algorithmes complexes et en partie secrets, les moteurs de recherche prennent aussi en compte l’activité des personnes physiques et morales sur les média sociaux. Produire du contenu largement diffusé sur le web 2.0 améliore le positionnement de la marque et de l’entreprise dans les résultats de Google (et consorts).

# 10 Gérer son e-réputation : améliorer sa visibilité sur les moteurs de recherche et «canaliser» les opinions exprimées par les internautes permet à votre entreprise de se façonner une image numérique.

Et vous, voyez-vous d’autres (bonnes) raisons d’investir le web social ?

* Source : article librement inspiré du site g1site.com

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L’état du web social selon GlobalWebIndex

«Stream social : Q2 2013» de GlobalWebIndex a analysé les usages mondiaux de 5 plateformes sociales (Facebook, Google+, Twitter, LinkedIn et Pinterest) au cours du 2e trimestre 2013. Voici quelques focus issus de cette étude :

  • Bien que la majorité des utilisations proviennent encore des ordinateurs, le mobile tire les usages du web social puisque Facebook, Twitter et Google+ enregistrent chacun leur plus forte croissance depuis les smartphones. Rien que sur Facebook, les mobiles ont généré le plus fort taux de partage de photos : 239 millions d’utilisateurs depuis leur mobile, contre 178 millions depuis leur ordinateur et 108 millions via leur tablette numérique ;
  • Pinterest et Tumblr sont les plateformes sociales ayant grossi le plus depuis un an, en hausse respectivement de 88% et 74% ;
  • Avec quelque 318 millions d’utilisateurs mondiaux estimés, Google+ est la 2e plateforme sociale la plus utilisée derrière Facebook, dépassant ainsi Twitter et LinkedIn ;
  • Facebook reste la plateforme sociale la plus populaire : 69% des utilisateurs d’internet dans le monde ont un compte Facebook, et 43 % l’ont utilisée au cours de la période de référence de l’étude (avril à juin 2013) ;
  • Facebook conserve aussi le plus fort taux de participation parmi ses « abonnés » avec 62% de comptes «actifs» (51% pour Twitter et 44 % pour Google+) ;
  • Sur Facebook, 57% des utilisateurs mondiaux sont des hommes (43% de femmes), sur Google+ la proportion est de 63% d’hommes/37% de femmes, sur Twitter 61 %/39%, et 63%/ 37% sur LinkedIn ;
  • La majorité des utilisateurs de Facebook, Twitter, Google+, LinkedIn et Pinterest ont entre 35/44 ans ;
  • Bien que Facebook domine le monde en termes d’usages, quelle que soit la région du globe, Google+ poursuit sa percée et sa pénétration sur la zone Asie Pacifique le met en position de challenger derrière Facebook ;

Derrière cette avalanche de données difficilement vérifiables, chaque plateforme sociale se livrant à une guerre des chiffres pour montrer son influence, ces ordres de grandeurs confirment au moins deux tendances fortes : côté usages, l’internet se déplace de notre ordinateur de bureau à notre poche (tablettes et smartphones), côté plateforme la montée en force de Google+, challenger de Facebook…  D’autres suggestions ?

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