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Normalisation : pour un renforcement de l’influence française

Dans Entreprises, Politique Publique le 16 janvier 2012 à 19:20

Ce 11 janvier 2012, Olivier Buquen, Délégué Interministériel chargé de l’Intelligence Economique a remis à Eric Besson, Ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie Numérique un rapport intitulé “Les stratégies d’influence de la France dans le domaine de la normalisation internationale”.

Rédigé avec un groupe d’experts issus du secteur privé et du secteur public, ce rapport rappelle que la normalisation contribue à 0,80% du PIB avec ses 15 milliards annuels de facturation. Cette tendance à la hausse s’expliquerait par :

  • le développement accéléré de la normalisation internationale;
  • la participations d’enceintes informelles au processus de normalisation;
  • la participation de plus en plus active de pays émergents.

D’après ce rapport, la France interviendrait sur le marché de façon relativement efficace grâce à un dispositif constitué de mesures, telles que le crédit d’impôt normalisation ou des subventions (depuis 2007 une quarantaine de projets a été soutenue pour un montant de 6,5 millions d’euros) et d’acteurs tels que l’AFNOR, des comités stratégiques dans chaque secteur d’activité ou des experts de l’administration française. Elle occuperait ainsi la 2ème place dans les instances européennes et la 3ème place au niveau mondial.

Ce rapport, qui vise clairement à renforcer la compétitivité de la France, avance 10 propositions :

  1. Mettre la problématique de normalisation à l’agenda de chacun des comités de filière de la Conférence nationale de l’industrie ;
  2. Inscrire les objectifs et les méthodes de la normalisation dans les formations des agents publics ;
  3. Mieux intégrer les agences publiques intervenant dans les domaines de la sécurité, de l’environnement et de la régulation des services d’intérêt public dans le dispositif français ;
  4. Evaluer et renforcer le dispositif mis en place par l’AFNOR et les bureaux de normalisation pour préparer, former, suivre et soutenir les acteurs français impliqués dans les instances internationales ;
  5. Développer l’échange d’informations au sein du Comité de coordination et de pilotage de la normalisation (CCPN) sur tous les aspects de la participation française aux instances stratégiques et techniques des organismes de normalisation ;
  6. Mobiliser les échelons extérieurs de la représentation de la France, à l’étranger comme dans les organisations internationales et européennes, aux enjeux élargis de la normalisation ;
  7. Mobiliser nos entreprises et les pouvoirs publics pour identifier la présence française au sein des nouveaux organismes européens et internationaux et dans les forums et consortiums de normalisation ;
  8. Organiser régulièrement des assises thématiques de la normalisation par grand secteur pour mieux sensibiliser et former nos représentants et nos experts ;
  9. Définir une stratégie d’influence spécifique au sein des instances européennes, sur les questions de normalisation ;
  10. Examiner la possibilité d’un alignement du crédit d’impôt normalisation sur le crédit d’impôt recherche, afin d’inciter les entreprises à une participation renforcée aux travaux des instances de normalisation.
Eric Besson semble déjà s’être prononcé en faveur de la plupart de ces propositions pour que les entreprises françaises restent “à l’avant-garde de la bataille des idées”.

Source : www.economie.gouv.fr

 

Think tanks : élections sous influence ?

Dans Entreprises, Politique Publique, Tendance le 12 janvier 2012 à 18:11

Think tank : élections sous influence ?En une dizaine d’années, le paysage associatif français a vu naître deci delà des organisations privées, réunissant des experts en vue de faire émerger de nouvelles idées. Venus tout droit des Etats-Unis, où ce type d’organisation prolifère depuis la seconde Guerre Mondiale, les think tanks (littéralement “Réservoirs d’idées”) sont aujourd’hui environ 160 en France (190 en Allemagne, 300 au Royaume-Uni, 1500 aux Etats-Unis).

Associations, fondations ou groupe de réflexions, tous poursuivent un objectif commun : participer à la chose publique, sans pour autant intervenir politiquement ni chercher à prendre le pouvoir. Toutefois, à l’aube de cette nouvelle année 2012, et à l’approche des élections présidentielles et législatives (avec la possibilité – pour les français résidant hors de France – d’élire aussi leurs députés), la bataille des idées est lancée. Les cercles d’influence invités par les médias viendront proposer, débattre, échanger, défendre leurs approches. Mais à qui profite le crime ? Car, si le principe fondateur des think tanks est l’indépendance, comment peuvent ils la garantir lorsqu’ils sont sollicités par les partis politiques, d’autant plus quand ils sont créés par leurs représentants ?

Ces cercles de réflexion se sont constitués pour combler les carences des partis politiques en matière d’idées. Objectif atteint : ils nourrissent désormais leurs programmes, leur permettant de prendre en compte le pouls de la société civile dans leurs propositions. Liaisons sociales magazine (décembre 2011) souligne d’ailleurs que Barack Obama n’aurait peut-être pas été élu sans le soutien de deux d’entre eux : Le Brookings Institution et le Center for American Progress… Ne serait-ce pas finalement un simple moyen de séparer au sein des partis politiques l’organisation, des idées ?

En France, les exemples de think tanks “partisans” sont nombreux (à gauche Terra Nova, la Fondation Jean-Jaurès,… à droite l’Institut Montaigne, Fondapol). Et, si la fin justifie les moyens, la question du financement se pose dès lors que les entreprises privées peuvent délibérément apporter leur soutien financier, et parfois même recevoir en contrepartie des avantages fiscaux. Entre indépendance et influence, entre société civile et entreprises, la frontière est ténue.

Pour en savoir plus sur les “Réservoirs d’Idées”,  rien de tel qu’une visite sur le site de l’Observatoire des Think-Tanks !

Source : Liaisons Sociales, Décembre 2011

Ruptures à l’heure des réseaux sociaux

Dans Réseaux, Tendance, Veille le 3 janvier 2012 à 18:39

Les grandes ruptures technologiques suscitent toujours des méfiances, des craintes, des peurs voire des rejets. En tout cas au moment de leur apparition. Il en va de même avec Internet et les réseaux sociaux. Aussi, prendre un peu de hauteur ne nuit pas à la compréhension des phénomènes à l’œuvre. Voilà le mérite du dossier réalisé par Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs et chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS). Publié par la Documentation française, « Internet et réseaux sociaux » (sorti en mai 2011) est un ouvrage à lire pour comprendre la diversité des usages et des enjeux engendrés par les réseaux sociaux de l’Internet. Nouveaux lieux de sociabilités, d’identités et d’échanges, ces réseaux numériques supplantent les frontières entre les informations médiatiques et les conversations ordinaires, la vie privée et la vie publique, le réel d’un côté et le virtuel de l’autre… Du coup, ils alimentent les critiques négatives : calculs dans les relations sociales des individus (comme s’ils n’existaient pas avant !), production de contenus médiocres par les internautes (comme si seuls des « professionnels » pouvaient produire de la qualité !)… D’autres critiques, plus positives, pointent du doigt un rééquilibrage du pouvoir en faveur des individus face aux médias d’information traditionnels et des politiques. Comme le souligne l’auteur, ce dossier s’attache à rendre compte des différentes interrogations sociologiques, juridiques et économiques soulevées par le succès massif des réseaux sociaux de l’Internet. Ajoutons que ce dossier permet de mieux appréhender la culture Internet et ses opportunités en matière de recherche d’information et de veille. Un dossier passionnant pour bien commencer l’année 2012. Meilleurs vœux à toutes et tous !

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